Garang est mort, les noirs chrétiens et animistes du Soudan sont en émeute
Mort "accidentelle" de John Garang
Mythique leader de la rébellion soudanaise, John Garang est mort dans un crash d'hélicoptère. Il était devenu le vice-président du pays, au côté de son vieil ennemi al-Béchir, après les accords de paix de janvier. De violentes émeutes ont lieu en ce moment à Khartoum et Juba.
L'ancien chef rebelle John Garang est décédé ce week-end dans la chute de son hélicoptère, moins d'un mois après avoir accédé à la vice-présidence du Soudan. L’appareil, en provenance de l’Ouganda, s’est écrasé après avoir percuté la chaîne de montagne des Amatonj au sud du pays, en raison de problèmes de visibilité, selon la présidence soudanaise. Des rebelles ont évoqué pour leur part un "assassinat", sans plus de précision.
Le parti de Garang, le Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM), s'est engagé à "appliquer l'accord de paix" signé en janvier avec le gouvernement de Khartoum mettant fin à 21 ans de guerre. Le président soudanais Omar al-Béchir a affirmé que la mort de son premier vice-président renforçait sa détermination à poursuivre le processus de paix avec les ex-rebelles sudistes. "Nous affirmons que le processus de paix poursuivra son chemin vers son but", a-t-il déclaré. Le corps de John Garang a été rapatrié dans son ancien QG au sud Soudan, dans la ville de New Site. Sa veuve, Rebecca, a indiqué sur la radio soudanaise que les funérailles de son mari seront organisées après consultation du SPLM.
Il a fallu à Garang 16 ans d'affrontements et de négociations avec le régime du général Omar Hassan al-Béchir pour mettre fin à la guerre civile, qui a fait au moins 1,5 millions de morts et plus de quatre millions de réfugiés. C’est au cours de ce conflit qu’il s'est révélé un fin politique en s'alliant avec les communistes, en courtisant les organisations chrétiennes américaines et en jouant des rivalités entre tribus pour se maintenir à la tête de l'Armée de libération des peuples du Soudan (ALPS).
Agé de 60 ans, Garang avait accédé à la vice-présidence du Soudan le 9 juillet 2005 après avoir accompli une longue marche des maquis du sud du pays au palais présidentiel de Khartoum. Sa tâche était de préserver l'unité de la population, divisée en tribus, dans cette région pauvre et déchirée par la guerre.
Pour les observateurs, Garang avait réussi à garder la haute main sur l'ALPS, forte de 60 000 hommes environ, grâce à son charisme et à sa détermination à obtenir pour le Sud, chrétien et animiste, une voix au chapitre dans la conduite des affaires du plus grand Etat d'Afrique.
De violentes émeutes ont éclaté lundi à Khartoum à la suite de l'annonce de la mort du vice-président soudanais. Des milliers de Sudistes portant des armes blanches et des armes à feu sont immédiatement descendus dans les rues de la capitale. Des magasins ont été pillés puis brûlés. Des barrages ont été établis dans différents points de la ville et l'accès à l'aéroport était impossible en fin de matinée. Des violences anti-arabes ont également éclaté lundi à Juba, la principale ville du sud Soudan.
REP John Garang
Nous sommes de tout coeur avec les sud-soudanais en ce triste moment.Le doute sur la nature de ce qui a causé la mort du valeureux héros de la résistance que fut John Garang est par ailleurs plus que permis. Les extrémistes oummesques de Karthoum n'étant connus ni pour leur droiture ni pour leur volonté réelle de paix.
Aussi le coup de "l'accident d'hélicoptère" est un classique qui a vu nombre de personnalités "encombrantes" (Alexandre Lebed, Juvénal Habyarimana...) disparaître à point nommé pour certains.







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