samedi 21 novembre 2009

Giorgio Agamben - Liturgy and the Modern State [eng]

La série de vidéos de cette conférence est ici.

mercredi 28 octobre 2009

"Faîtes un don de 100 euros et obligez l’Etat à offrir 66 euros aux Identitaires"

Grâce à la récente modification de ses statuts, le Bloc Identitaire peut désormais faire profiter ses donateurs d’une déduction fiscale de 66 %.

Plus clairement, cela signifie que pour un don de 100 euros ce sont 66 euros qui seront déduits de votre impôt sur le revenu.

Vous en avez assez de payer des impôts et de constater que ce sont toujours les autres (avant les nôtres !) qui en profitent ? En faisant un don de 100 euros au Bloc, vous obligerez l’Etat (à travers la déduction de vos impôts) à offrir 66 euros aux Identitaires. Un don de 100 euros, qui ne vous coûtera ainsi en réalité que 34 euros !

Donnez un coup de pouce à notre combat, donnez un coup de pouce à votre peuple.

:: Chèques à l’ordre de AF-BI, à renvoyer à Bloc Identitaire – BP13 – 06301 Nice cedex 04

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BLOC IDENTITAIRE
http://www.bloc-identitaire.com
Contact : contact@bloc-identitaire.com
Service Communication : 06 78 79 31 81
Permanence téléphonique : 09 75 41 63 22 (de 09h00 à 20h00)
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mercredi 21 octobre 2009

Fabrice Robert à la Convention ID d'Orange

Vivent les IDs & vive Europe !

mercredi 14 octobre 2009

La France d'après ? xD

dimanche 11 octobre 2009

Saut de base en Suisse ^

Le bon sens refait son chemin dans le zeitgeist, petit à petit

- On envisage d'utiliser l'ADN des occupants clandestins pour apprendre où les rapatrier. Viz.

- On envisage de légaliser & réguler le commerce de cannabis pour déposséder la racaille et globalement mieux contrôler l'affaire. Viz.

mardi 1 septembre 2009

Les disqualifiés

Intéressant article (pour une fois) du Monde diplomatique sur les prophètes du capitalisme mondialisé.

jeudi 13 août 2009

L'animal


C'est l'histoire d'un animal qui était né de parents inconnus. Il avait un caractère banal, facilement joyeux ; tranquille au contact, volontiers joueur, il ignorait cependant ce qu'il était.
Etait-il un chien ? Un chat ? Un mouton ? Un cochon ? Il n'aurait su le dire. Tout ce qu'il savait, c'est qu'il n'était ni un pigeon, ni un moineau, car il n'avait pas d'ailes et le ciel était toujours hors d'atteinte pour lui. Cela, qu'il n'était pas un oiseau, il l'avait compris par lui-même, et à part ce qu'il savait vaguement par déduction, il n'était sûr de rien. Comme il était un animal, il n'avait pas de pouces opposables et ne pouvait pas toucher son nez, ce qui lui eût appris s'il avait une truffe, petite et fraîche ou large et humide, ou un groin. Ses pattes n'y suffisaient pas, et d'ailleurs, en société, toucher son nez ne se faisait pas.
Il avait bien tenté quelquefois de trouver un miroir pour y découvrir son image. On lui mettait alors sous le nez des portraits, qui variaient selon l'humeur et la tendance du moment. Ces portraits étaient jolis et il pouvait en faire modifier tel détail au gré de ses voeux. Pourtant, il ne pouvait pas ne pas savoir qu'un portrait n'est pas un miroir, et il s'en détournait en grognant.
C'est ici que commence véritablement l'histoire.
Car en se détournant des portraits qu'on lui tendait, l'animal commettait une faute. Une faute morale. Il voulait un miroir ; on lui donnait un tableau. Le bon sens lui disait ce qu'étaient un miroir et un tableau. Or, le bon sens n'était pas dans le on. Quand on donnait un portrait, on se donnait la peine de donner ; c'était un don, un cadeau de la masse posé devant soi, et à ce titre il fallait le respecter. On n'était pas avare là-dessus. Le portrait, il pouvait en modifier les traits. C'était déjà pas mal, disait-on, et on appelait ça la liberté. On la lui offrait, sans rien en échange. Les matières premières, la confection, toute la chaîne de montage qui avait fait sortir ce portrait du néant et qui l'avait amené sous les yeux de l'animal, tout cela pour lui, n'y avait-il pas de quoi accepter à plat ventre en remerciant le on ?
Alors, l'animal approuvait, vaguement. Il sentait le remords poindre en lui. Au fond, il n'était toujours pas satisfait ; il sentait qu'on lui volait quelque chose mais il y avait du don là-dedans, et il aurait été coupable de refuser. Son bon sens lui disait, d'ailleurs, "mais cette générosité est fausse" ! Bien sûr qu'elle était fausse, mais comment pouvait-il s'en défendre ? Il le sentait, très profondément, sans pouvoir y redire quoi que ce soit. Alors, il hochait la tête, acceptait le portrait comme si ç'avait été un miroir et il s'en allait avec.
Parvenu chez lui, l'animal n'était pas tranquille. Son estomac se retournait. Envie de vomir. Le contenu même de la poche gastrique à l'intérieur de son corps s'était fourré tout seul. De l'extérieur. Ce contenu ? Fabriqué en usine, reconverti dans un beau bureau en fait-maison et concocté pour lui dans le bureau des affaires animales. Faisons le calcul : nacre, humidité, remords. Et jalousie. Tiens, encore du nouveau.
L'animal n'était pas satisfait. On ne l'était pas non plus. Dans le fond, il n'avait toujours pas accepté qu'on ne lui laisse pas de miroir, et on le ressentait. En regardant le portrait qu'on lui avait laissé, celui d'un cochon ou d'un chat, l'animal tendait le cou et essayait de s'y reconnaître. Il n'y arrivait pas. Il pleurait, à la fois de tristesse et volontairement, comme pour forcer son esprit à se reconnaître là-dedans. Mais cela ne marchait pas. En lui, cela ne voulait pas ; une force continuait à brandir la patte, et à hurler, non, ce n'est pas moi, ça ! Non ! Et ses larmes devenaient de petites boules d'acide roulant sur ses joues et sur son nez, dont il ne savait toujours pas si c'était un groin ou une truffe...
On donna à l'animal des secondes chances. La secondité se multipliait à l'infini. Si un portrait ne plaisait pas, onle remplaçait par un autre. Plus petit, plus mignon, plus bas. Clair ou foncé, les pomettes hautes, ou les bajoues grasses comme celles d'un gros hamster. Il était mou, cet animal. Bourgeois. Il ne pouvait rien faire et on n'y faisait rien. En fait, on faisait tout pour que cela arrive. Vouloir se connaître, quelle plaisanterie ! Mieux valait ajouter un petit sigle joli, estampillé citoyen, sur le portrait de plus en plus petit qu'on lui faisait... Citoyen, agréable, vertueux, tolérant surtout ! Et si éthique, même pas moral !
Quand il mangeait, sa gamelle lui était interdite : il n'y avait que la gamelle des autres, remplie d'une nourriture grasse, abondante, jusqu'à l'écoeurement... et il se sentait vaguement coupable, redevable qu'on le laisse manger dans l'assiette des autres, car sa gamelle à lui, la sienne, avait quelque chose de pas bien.
L'animal vivait ainsi, cahin-caha. Au milieu des autres, sans savoir qui il était, bien sûr, d'autant que le portrait changeait de plus en plus souvent. Un jour, il était chien, le lendemain cochon ; il mangeait des croquettes, puantes et grasses, puis les restes d'autres cochons comme lui, et c'est ce qu'il préférait, avec honte...
Les autres, à côté, souriaient. Il avaient de bonnes bajoues, juste rebondies ce qu'il fallait pour leur donner l'air bonhomme et paternel. Ils étaient la masse, le on, justement. Mais pas lui. L'animal vivait comme eux et parmi eux mais il n'était pas des leurs. En lui, la voix continuait de s'exprimer. Le feu brûlait toujours, éternel lampion incandescent. Et quand le remords s'emparait de son esprit, il y faisait son petit cirque, et puis la flamme revenait, puissante, belle dans sa solitude et dans sa luminosité désespérée.
L'animal était las. Il en avait assez d'être un indéfini, un animal seulement animal, dépourvu de spécificité. Sa solitude au coeur de la masse le démangeait. Il imaginait être ceci, puis cela ; il s'identifiait aux clans des autres animaux, faute d'avoir le sien ; il ne se sentait pas dans le on. Décidément, il était bien étrange, cet animal indéfini ! ...et tellement intéressant, tellement plus que cette masse immobile, figée dans son changement même, tandis que lui ne pouvait que se chercher... mais il ne pouvait pas l'avouer. Il était différent, et pareil en même temps. C'était contradictoire et honteux. Chercher la différence, c'était l'intolérance. L'animal fixait "son" portrait en silence, sanglotant presque, quand les autres animaux n'étaient pas là. Et au fond de lui, la voix parlait, aigüe : non, ce n'est pas toi.
Il sentait bien que des chaînes l'emprisonnaient. Il sentait les limites qui s'imposaient à lui, loin, là-bas, et puis celles qu'on lui imposait, beaucoup plus près. Sa lassitude montait, descendait comme une mer cotonneuse ; alors il tenta de les briser. Après tout, les règles sont faites pour être transgressées, il est interdit d'interdire, c'étaient les animaux les plus racés qui l'avaient dit. Plus de on, plus de regards inquisiteurs et de faux-semblants, rien que ses propres limites qui le refléteraient comme un diamant brut.
Mais le on n'appréciait pas que quelqu'un puisse lui échapper. Le on était indéfini, comme l'animal. C'était cela qui les liait. Si l'animal brisait ce lien, il ne serait plus tout à fait un animal car on pourrait désormais le définir autrement.
On aurait pu continuer à faire errer l'animal parmi ses portraits, comme avant, comme toujours. Mais peut-être que cela ne durerait pas. Si l'animal finissait par suivre le feu qui brûlait en lui, il le laisserait passer hors de son corps, jusqu'à ce que sa chaleur devienne communicative. Ce serait dangereux. On n'acceptait pas une telle éventualité.
Heureusement, on était malin. On trancha à moitié ce lien d'indéfinition, en ne gardant pour moitié restante qu'un peu de mensonge. Un beau matin, le portrait qu'on donnait à l'animal s'agrandit. Il changea de figure ; le museau chafouin devint allongé, les dents plates devinrent longues et féroces ; le regard placide devint comme fou... désormais, l'animal était un loup. Né au royaume des ronces, soldat éternel du Mal, d'un on qui n'existait plus ou plutôt qui n'avait jamais cessé d'exister. Désormais, on le vêtirait avec les vieux oripeaux de ce on perdu. L'animal restait tout de même un animal indéfini, après tout, car ce on, c'était lui et tous les autres. Plus de frontières, plus de limites, plus de liberté ni d'idées. Et d'ailleurs, la liberté, quelle connerie ! Un mot juste bon à faire pisser les guenons buveuses de lait de coco, entre deux séances de tolérance et de criailleries, du haut de leur arbre... L'animal riait, car l'arbre en question était pourri de l'intérieur ; mais il tenait encore bon et il lui semblait que cet arbre le dominerait toujours de sa hauteur.
On agissait. Le combat prenait corps. Gris, silencieux, toujours plus présent. L'animal subit des opérations chirurgicales étranges. On lui enleva son orgueil, trop différentialiste, trop central, trop facile à définir. A la place, on lui en mit un autre : un D.D.H. 89', modèle standard, fabriqué en série par dizaines de milliers dans des usines lointaines. Désséché, tout lisse, correspondant aux normes. La greffe fut rejetée et l'orgueil nouveau fut brûlé à l'intérieur du corps où on l'avait mis. La flamme sacrée, toujours. La flamme du loup.
Vengeance pour vengeance, on jeta le loup en pâture aux esprits des autres animaux. Il était féroce, ce loup. Intolérant, différent, reliquat d'une histoire qui lui tournait le dos. Obstacle à vaincre sur la route de la paix. Là-dessus, on n'avait pas tort : cette paix, molle et tiède, bonne à gauchir les coeurs et les esprits, il n'en voulait pas. Plutôt une guerre sans merci. Qu'enfin, les nuages crèvent et déversent leur pluie glacée plutôt que de rester toujours aux abords du ciel connu, à se contenir, jusqu'à l'explosion devant laquelle personne ne pourrait faire quoi que ce soit.
L'animal aurait voulu fuir tout cela, mais il ne pouvait pas. Désormais, une nouvelle force se faisait jour en lui. Une force mauvaise. Son bon sens, menacé, s'en méfiait. Et cette force, vêtue d'oripeaux nouveaux, avait au fond toujours existé - un peu en lui, beaucoup hors de lui - mais on lui avait ouvert la porte. La force de la misère, le chantage de l'esclave, le plaisir coupable et exquis de se torturer soi-même au nom du on juste et dément. La force de l'extérieur. Le cheval de Troie.
Alors, l'animal fit quelque chose qu'il n'avait jamais envisagé. Pour détruire cette force de lui-même avant qu'elle ne le détruise, pour préserver la noblesse de sa volonté avant qu'elle ne soit totalement recouverte par le voile de l'extérieur, il se jeta par la fenêtre. Six étages, quinze mètres. La façade défila à toute allure et il atterrit brutalement sur le béton froid. Avant qu'il n'atterrisse, ses pattes se jetèrent d'elles-mêmes en avant ; des griffes en sortirent, aggripèrent le sol, comme animées par leur force propre, tandis que le choc faisait tintinnabuler toute la structure interne de son corps et de ses os...
Sonné, le palais rempli par le sang, l'animal eut la révélation. Tout était clair à présent. Il était un chat. Quel autre animal aurait pu survivre à une chute de quinze mètres ? Qui d'autre qu'un chat ne serait pas mort éclaté sur le sol ? Ses yeux étaient bleus ; son pelage, blanc comme la neige, avec quelques dessins noirs sur le devant des oreilles ; son poil était épais - et il se souvenait, presque rieur, des longues soirées d'été passées à avoir chaud.
Malgré la douleur terrible, le chat se traîna sous un buisson. Il s'allongea sur la terre pour guérir. L'instinct était revenu ; la flamme, gardienne à présent inutile, s'était tue, et le sol l'accueillit dans son doux manteau chaud... Mère éternelle pour ceux qui savent revenir dans son giron.
La pluie tombait toujours. Ouvrant sa gueule, le chat la but à grosses gouttes.
Cette même pluie, nourricière pour lui, tomba en si grande quantité qu'elle provoqua une inondation et fit s'écrouler les arbres des guenons buveuses de lait de coco. Dans la catastrophe, ces guenons montrèrent leur avidité, se battirent les unes contre les autres afin de prendre un bout de bois ou un paquet qui flottait par là ; elles ne réussirent qu'à s'entretuer, et le nom de la tolérance, tant usité, s'échappa d'elles comme une âme volatile pour disparaître dans la nature.
Quant au chat, il trouva une magnifique femelle au regard séducteur et à la queue toute douce.
Ensemble, ils couvrirent la terre de chatons. Pour la seconde fois, dans une Histoire qui, en dépit des apparences, leur souriait.

lundi 3 août 2009

Chance-pour-la-France : l'immigration nous offre une enième version du SIDA !

Découverte d'un variant du virus HIV-1
par RFI

Une équipe de chercheurs français a identifié un nouveau variant de virus HIV-1, responsable du SIDA. Il a été trouvé sur une patiente originaire du Cameroun pour laquelle les chercheurs ont pu déterminer un traitement adéquat, permettant de stabiliser son état. Les travaux - menés par une équipe du centre hospitaliser de Rouen, associé au Centre national de référence du virus de l’immunodéficience humaine - viennent d’être publiés ce dimanche dans le magazine Nature Medecine.

Pour bien comprendre les travaux des chercheurs, il convient de rappeler qu’il existe deux types de virus du SIDA : le VIH-1, largement majoritaire et le VIH-2 peu fréquent. Avant cette découverte, le VIH-1 avait été divisé en trois groupes distincts: le groupe M, à l’origine de la pandémie mondiale, et deux autres groupes, très rares, identifiés par les lettres O et N.

Dans un premier temps, quand les chercheurs français se sont intéressés au virus relevé sur leur patiente d’origine camerounaise, ils ont pensé qu’il pouvait appartenir au groupe O. Et ce n’est qu’après avoir établi le génome complet du virus qu’ils se sont aperçus qu’il s’agissait d’un nouveau variant, qu’ils ont donc baptisé groupe P.

Sur la base de ce séquençage de génome, ils ont ensuite déterminé le traitement thérapeutique adéquat à cette nouvelle mutation du virus. Avec de bons résultats semble-t-il, dans la mesure où la patiente a bien répondu, ce qui permet de penser que cette nouvelle souche peut se traiter. En tout cas, pour les chercheurs – qui ont mis en ligne sur Internet, sur une banque de données publique, la séquence génétique du nouveau variant – la découverte de cette nouvelle lignée met en lumière la nécessité de surveiller de près l’émergence de nouveaux variants du VIH, et tout particulièrement en Afrique centrale.

dimanche 2 août 2009

Attali chez Ruquier



On peut dire beaucoup de choses d'Attali. On peut penser ce qu'on veut, dire que c'est un menteur, un idéologue, un hypocrite, un sionîîîste (histoire de donner des érections aux soraliens) mais il a au moins une chose que les autres, sur ce plateau, n'ont pas -Zemmour excepté- : il pense. Attali est quelqu'un qui réfléchit, et même si c'est dans une direction qu'on peut violemment désapprouver, on peut au moins lui rendre hommage là-dessus.
Personnellement, j'ai du mal à voir comment il peut comprendre le mécanisme des crises économiques (endettement des classes pauvres et moyennes pour stimuler la croissance, diminution de la valeur des biens pour lesquels ces classes se sont endettées, etc.) tout en souhaitant que les gens s'endettent davantage. D'autant que beaucoup vivent déjà à crédit et que les dossiers de surendettement se font plus nombreux chaque année.
Lorsqu'il dit à Zemmour que l'immigration n'a rien à voir avec la crise, c'est un mensonge flagrant de sa part. Comment des patrons embauchant à bas salaires ne pourraient-ils pas le faire au détriment de salaires plus élevés ? Comment un ouvrier "local" ne pourrait-il pas être privé de son emploi lorsque son usine est délocalisée ou qu'il est renvoyé pour un nouveau prolétariat ?
Attali plaide pour un monde encore plus mondialisé, pour un interventionnisme libéral, sorte de fusion entre l'Etat et le marché, conduisant logiquement à un gouvernement mondial. Abolissons les frontières, rattrapons la natalité européenne avec l'immigration ; vive le métissage, mais uniquement chez les européens ; pas en Israël, où la population redoute son extinction à terme... C'est que les peuples européens, ça n'existe pas, et il serait xénophobe de dire le contraire, mais ça, c'est une priorité. Et la croissance aussi. Renforcement perpétuel du pouvoir des élites mondialisées, éclatement de l'idée de communauté, substituée à la grande masse dépourvue de repères ; tout y est.
Malgré cela, je trouve qu'Attali est infiniment au-dessus de Ruquier, Neaulleau et consorts. Peut-être est-il le Rosenberg de Sarkozy, l'idéologue de l'eurolocauste cool et métissé, mais au moins il pense.
Regardez Ruquier, ce gros porc épileptique qui joue le faux paternaliste conciliant et sympa. Ou Neaulleau, avec sa tête d'abruti rusé et ses objections à ras de terre. Attali a tout à fait raison lorsqu'il montre que Neaulleau n'a lu ni son livre ni son rapport. Et l'applaudimètre ! Un public de crétins assis tout autour, qui ne comprend même pas la moitié de ce qui se dit et n'applaudit qu'aux bons mots du Saint Ruquier. Des consommateurs-ouvriers parfaits. Le public, ce sont des intermittents du spectacle, engagés pour faire le décor et soutenir le présentateur-vedette. Ils applaudissent quand on le leur dit, sifflent pareil. Des parasites qui sont là uniquement par réseau de relation et survivent en contribuant à la lobotomie quotidienne de millions de français. Et ils osent faire la grève, demander plus, tout en bénéficiant d'un régime assedic spécial au frais du contribuable.
Peut-être est-ce cela, la social-démocratie vantée par Attali. Peut-être est-ce l'entreprise, toujours et partout, pensée de manière indépassable et indéboulonnable. Peut-être est-ce cela, la loi de l'offre et de la demande, le fonctionnement lisse et fluidifié d'un système qui ne peut oeuvrer que pour le bien de tous. Peut-être est-cela, M. Attali, le produit du système que vous désirez tant. Et peut-être avez-vous eu un pincement au coeur quand vous avez quitté le plateau, lassé par la stupidité des uns et des autres. Car cette stupidité ambiante, vous en êtes directement responsable ; ce monde, vous l'avez théorisé, vous avez contribué à son évolution et à sa création, pour à présent en voir le résultat. Et sous votre auguste couronne de cheveux blancs, il y a peut-être un peu de tristesse, un vague inconscient qui regrette. La croissance, toujours la croissance, la consommation comme finalité de la vie, aboutissant logiquement à la destitution de la culture et au règne de la facilité et de la bêtise.
Attali victime de ce qu'il a lui-même promu... La chose est cocasse.

Petite note : je disais que Zemmour pense, mais cela ne signifie pas qu'il est admirable à tous égards. Pour garder sa place à la télévision, il ne peut qu'être opportuniste. Il joue le rôle du mouton noir parce que cela fait de l'audimat, parce qu'il faut faire la balance pour pouvoir prétendre que la télé n'oeuvre pas dans le sens d'une pensée unique... Remarquez son argument sur l'immigration. Zemmour a raison, mais il est dans un détail, tandis qu'Attali est au niveau des principes généraux. Si Zemmour se mettait réellement au niveau d'Attali, il dirait que le couple immigration/délocalisation est un résultat de l'économie de marché, une conséquence du libéralisme économique et que par conséquent c'est un avatar de notre esprit du temps, de notre manière d'être fluctuante, plutôt que la cause de la crise. La crise est structurelle ; elle ne tourne pas autour de la seule immigration. Cela, Zemmour s'en rend sûrement compte, mais il ne le dira jamais. Car cela ne rentre pas dans son jeu.

jeudi 30 juillet 2009

Les hommes venus du futur

dimanche 26 juillet 2009

Agression aux US : racailles hispaniques contre skaters clairs ^

mardi 14 juillet 2009

De nos ancêtres les primates asiatiques [eng]

A new fossil primate from Myanmar (previously known as Burma) suggests that the common ancestor of humans, monkeys and apes evolved from primates in Asia, not Africa as many researchers believe. The greatly enlarged canine teeth distinguish the animal from closely related primates.

lundi 29 juin 2009

De l'incompétence des "gouvernants" européens actuels

Galileo: un programme "mal géré" (UE)
AFP 29/06/2009

Galileo, l'ambitieux programme spatial destiné à doter l'Union européenne d'un instrument de navigation par satellite concurrent du GPS américain, a été mal préparé et mal géré, a déploré aujourd'hui la Cour des comptes de l'UE."Si l'UE décidait de se lancer dans d'autres programmes d'infrastructure de grande envergure, la Commission devra s'assurer qu'elle dispose d'outils de gestion appropriés", conclut la Cour des comptes dans sa recommandation.

L'audit demandé à l'institution visait à déterminer les causes de l'échec de la procédure de mise en concession, des retards subis, des difficultés de gestion et des surcoûts.Galileo "n'a pas réussi à atteindre la plupart de ses objectifs en raison de facteurs sur lesquels elle n'avait aucune prise", ajoute le rapport.La Commission porte une part de responsabilité, car "elle n'est pas parvenue à diriger le programme de manière proactive et l'a laissé sans personne aux commandes".

Mais les Etats sont également responsables, car "leurs attentes divergentes quant au programme les ont poussés à intervenir dans l'intérêt de leurs industries nationales et à bloquer les décisions"."Les compromis dégagés ont engendré des problèmes de mise en oeuvre, des retards et in fine des dépassements de coûts", souligne le rapport.

Fin 2008, aucun satellite opérationnel n'avait été lancé et les estimations de coûts pour la phase de développement et de validation avaient pratiquement doublé, passant de 1,1 à 2,1 milliards d'euros.Galileo est l'expression d'une "volonté politique de disposer d'un système GNSS européen indépendant" appelé à "devenir le système de navigation le plus sophistiqué du marché", précise la Cour des comptes.
Mais les pays de l'UE rechignent toujours à mettre la main au portefeuille pour leurs programmes spatiaux.

Les ministres chargés de l'Espace de l'UE ont insisté fin 2008 sur "la nécessité de développer des instruments et des schémas financiers adaptés pour la politique spatiale européenne, en particulier dans le cadre des prochaines perspectives financières" pour la période 2013-2020.
Mais aucune indication n'a encore été fournie sur les financements.

dimanche 28 juin 2009

ATTENTION : RISQUE D'OUVERTURE DE NOUVEAU CHAPITRE DE NEGOCIATIONS DANS LE PROCESSUS D'INTRUSION TURQUE DANS L'UE !

Article en anglais sur l'affaire (il s'agit de l'ouverture du 11ème chapitre, sur la taxation, annonçée pour vers le 30 juin, dernier jour de la présidence tchèque) :


Turkey seeks to revive EU bid
ELITSA VUCHEVA

26.06.2009 @ 06:51 CET

EUOBSERVER / BRUSSELS – Turkey is hoping to next week open a new chapter of its accession talks with the EU, the country's European affairs minister said on Thursday (25 June), reiterating that Ankara is aiming for full membership of the bloc.

The chapter on taxation will "hopefully be opened on 30 June, the last day of the Czech EU presidency," during an EU-Turkey accession conference, Egemen Bagis said at an event organised by the Brussels-based European Policy Centre think-tank.

Turkey was granted EU candidate status in 1999 and started accession negotiations with the bloc in October 2005. If opened, the taxation chapter will be the 11th of Turkey's 35-chapter accession package to be opened so far, with just one successfully closed.

Mr Bagis stressed that Ankara had done a lot in the last six months to boost EU-related reform and announced that the Turkish parliament had just passed a law to strengthen the country's EU affairs secretariat.

"The law that governs the function of the EU secretariat in Turkey was amended last night because there was a need to empower the institution, to bring more flexibility, more budget and more personnel," Mr Bagis said, stressing that 235 of the 237 parliamentarians had voted in favour of the move.

The new law "triples the number of people who are working on the issue. Now our total capacity will exceed 300."

"It's going to affect the negotiations I think in a very positive manner," the minister stressed.

Mr Bagis became Turkey's first EU affairs minister in January this year, just before Prime Minister Recep Tayyip Erdogan's first visit to Brussels in four years.

Mr Erdogan went to Brussels on Thursday where met EU commission president Jose Manuel Barroso. Meanwhile Mr Bagis and Foreign Minister Ahmet Davutoglu met EU enlargement commissioner Olli Rehn.

All or nothing

The visits came just weeks after the European elections of 4-7 June which saw conservative parties triumph at European level and in most individual member states. In several countries, opposition to Turkish EU membership was an important element of the electoral campaign.

In the aftermath of the elections, Ankara had expressed concern and called on the EU to respect its commitments to Turkey.

On Thursday, Mr Bagis again condemned the use of anti-Turkish membership rhetoric in the election campaign.

"People tend to forget that almost six million Turks already live and mostly vote in EU member countries… That's more than the total population of many EU member countries," he said.

The minister also reaffirmed that Turkey's goal remained full membership of the EU and firmly rejected the option of "privileged partnership" mulled over by some member states, including France, Germany and Austria.

"We will either be a full [EU] member or not [at all]," Mr Bagis said.

The concept of "privileged partnership" has no legal foundation and is just a "philosophical superficial idea… that some politicians are dancing around."

S'il advenait que les diverses personnes au pouvoir en Europe, dont en France, laissaient faire cette enième étape de trahison envers notre séjour géno-civilisationnel, il conviendra qu'aucun ne l'amène au paradis.

Aussi, AEP ici-présente est évidement totalement opposée au renouvellement du mandat du collabobo barroso à la tête de la Commission européenne.
Je propose, comme candidat à sa succession, l'ancien Ministre-Président CSU de Bavière : Edmund Stoiber. (Ainsi que, pourquoi pas, le poste de commissaire français à Clara Gaymard.)

lundi 22 juin 2009

Stop à "l'ouverture" !

Pétition - associée d'une newsletter, actuelle ou potentielle, pouvant avoir des applications organisationnelles en termes de processus de fédération de personnes de sensibilité d'union de la droite, ou du moins de sévères associés à la droite dite de gouvernement - sous l'égide de Claude Goasguen, contre une nouvelle pelletée de collabobos de goche au gouvernement de Sa Rikikitude.

Prendre quelques personnalités de gauche qui avaient rallié Nicolas Sarkozy pouvait avoir du sens en 2007. Bien qu’on puisse douter aujourd’hui, au vu des résultats de ces Ministres, de son utilité réelle.

Par contre, débaucher d’anciens mitterrandiens comme Jack Lang, d’anciens ministres de Jospin comme R-G Schwartzenberg, ou des écologistes girouettes comme JL Bennahmias et Yann Wehrling (qui ça ?) aussi rouges à l’intérieur que vert à l’extérieur… n’aurait aucun sens, ni aucun intérêt, bien au contraire.

Ces personnalités n’apporteraient rien politiquement. Elles ont démontré dans le passé leur opposition aux valeurs de la droite, quand ce n’est pas leur incompétence. Certaines sont co-responsables des difficultés de notre pays.

L’ouverture ne doit pas devenir un gadget médiatique renvoyant l’idée que les valeurs, l’intelligence et la compétence sont à gauche.

L’ouverture est un truc politicien et tactique qui présente de gros désavantages et risques politiques et stratégiques :
•Elle jette le trouble sur les valeurs qui inspirent l’action du Gouvernement et de la majorité
•Elle affaiblit la cohésion du Gouvernement et de la majorité avec des personnalités qui n’appellent même pas à voter pour la majorité alors qu’elles sont au Gouvernement (Kouchner, Amara, Hirsh…)
•Elle détériore le soutien des parlementaires de la majorité au Gouvernement, qui se sentent peu appréciés, désavoués, voire lésés
•Elle porte le risque d’éloigner de la majorité une partie des électeurs de droite
•Elle débarrasse le PS, le Modem et les écolos d’éléphants et de personnalités carriéristes et encombrantes, les aidant ainsi à régler leurs problèmes de rivalités internes
Aidez ceux qui dans l’entourage du Président plaident contre la poursuite de l’ouverture gadget, en signant cette pétition et en la diffusant largement à vos relations sympathisantes de l’UMP et de la majorité.

samedi 20 juin 2009

K-libre au tribunal


- David !
Le jeune homme leva les yeux vers la présidente. Installée derrière son bureau, surélevée par rapport à la salle, elle semblait en même temps assise et debout. Ses petits yeux regardaient David avec sévérité : comme toujours, depuis le début du procès, ils intimaient une réponse.
- Oui, Madame ?
- Répondez à la question de l'avocat général, je vous prie.
David hésita. Il regarda les gens et les bureaux qui l'entouraient. Personne ne pipait mot. Dans la salle, quelques chuchotements serpentaient ici et là, mais ils ne seraient d'aucune aide au prévenu. Pas cette fois.
- Excusez-moi, Madame, mais je n'ai pas entendu la question, bredouilla David.
Une partie de la salle éclata de rire. David les maudit intérieurement. Si seulement il avait eu les "petits frères" avec lui, si l'Etat ne s'était pas déplacé pour lui répondre en personne, personne ne rirait de lui.
La présidente soupira.
- Maître, veuillez répéter votre question, dit-elle.
L'avocat général, un grand type qui se tenait haut dans sa tenue de magistrat, s'éclaircit la gorge :
- Monsieur ..., nous parlons depuis dix minutes de cette vidéo où vous vous montriez, avec certains de vos amis, dans une plantation de chanvre. Comme vous le savez, ou plutôt comme vous semblez l'avoir oublié, la culture du chanvre indien - également appelé cannabis - est interdite en France. D'où ma question, que je répète une seconde fois : reconnaissez-vous avoir cultivé du chanvre chez vous ?
- Non non, monsieur.
- Maître, chuchota l'avocat de la défense à l'oreille de son client. C'est un magistrat, appelez-le "maître".
- J'veux dire, maître, continua David. (Il hésita, regarda la salle, revint à l'avocat général :) C'était pas chez moi, ça, du chichon j'en ai jamais eu. Enfin si, mais j'en ai jamais cultivé. C'était chez un... (Il allait dire "pote", mais il sentait, instinctivement, que ce mot ne serait pas le bienvenu.) Un ami. (Soulagé d'avoir trouvé le bon mot, David siffla légèrement du nez.) Un ami à moi, un Suisse. Mais je lui ai rien acheté, hein, le canna j'y ai même pas touché. C'était juste pour le clip.
- Je vois, dit l'avocat général.
David suait à grosses gouttes. Il n'était pas à sa place, où plutôt il n'y était que trop. Quelqu'un comme lui n'était pas fait pour connaître les affres de la justice. Il aimait parler, prononcer des discours. Pour David, parler était un acte, une manière d'exister et de s'imposer dans le réel. Ce qu'il disait, le contenu, importait peu. L'important, c'était de parler, voilà tout. Être vu, se construire en parlant, confondre la parole et l'acte - ce qui était un excellent moyen d'agir sans agir, en inventant ce qu'on faisait. D'une certaine manière, ce que David inventait, il le faisait vraiment, par la pure parole. Malheureusement, l'Autorité ne le voyait pas comme ça. L'Autorité, toujours elle. Avec un grand A. Si David avait connu la politique, il aurait pensé que ce A était le même que celui d'Anarchie, tout aussi frappant, signe d'immoralité et de rébellion. Et s'il avait fait de la sociologie, il aurait pensé que dans les deux cas, le carcan était le même. Mais David n'avait fait ni l'un ni l'autre : seul le rap l'avait vu grandir, et devant un tribunal, il n'était pas d'une grande aide. David se serait bien vu en tribun de sa cause, mais il découvrait, assez tardivement, qu'il n'avait pas de cause. Rien du tout. Juste une salle, des gens aux airs hauts, un public qui regardait le spectacle comme s'il avait été au cirque et un imbécile d'avocat commis d'office qui s'en fichait.
Les magistrats échangeaient divers propos, avec l'air de faire un travail de routine. David ne se sentait pas concerné. On ne lui parlait pas, on le regardait à peine. Il était spectateur de sa propre vie, comme une petite pièce prise entre les rouages d'une machine. Malgré l'abrutissement de rap et de chichon dans lequel il se maintenait depuis des années, David pouvait encore entendre en lui une petite voix, non encore étouffée. Cette voix se promenait sous son crâne lisse. Elle lui disait : "Allons ! Tu es une proie facile pour ces gens. Tu leur as tendu les bâtons pour te faire battre, et tu te plains qu'ils en fassent usage. Comment voulais-tu que cela finisse ? Autrement ?"
David rejetait cette voix, avec son vocabulaire compliqué, sa moralité si française qu'il haïssait par-dessus tout. Dans les brumes de la drogue et de l'alcool, il essayait avant tout d'étouffer cette voix. S'il parlait autant devant une caméra ou avec de jeunes immigrés deux fois plus jeunes que lui, c'était d'abord pour couvrir, par la voix de son choix - son choix politique -, celle qui subsistait encore en lui, et qu'il n'avait pas choisie. David n'avait plus rien à quoi se raccrocher. Ses amis ? Ses camarades de la rue ? Ils n'étaient pas là. Et quand ils y étaient, quand ils étaient emprisonnés derrière un box, l'univers larvé de la justice semblait ne pas avoir prise sur eux. Fofana - un homme que David admirait secrètement - se moquait de tout. Les menaces des juges glissaient sur lui comme les plumes d'un canard. C'était lui qui avait terrorisé les magistrats, pas l'inverse. Mais Fofana appartenait à un groupe qui le surplombait, et qui le prendrait en charge une fois derrière les barreaux. David n'avait rien. Tout ce qu'il avait conquis, il ne ressentait plus aujourd'hui. Sa vie s'était rétrécie comme la fumée d'un feu prise par une cheminée. En l'occurence, la cheminée semblait bouchée.
Allez, mauvaise graine, dit la voix. Accroche-toi. Je serais toujours là, moi, même si tu ne le veux pas.
David acquiesa. Les quelques jeunes des quartiers présents dans la salle - Jean-Armand, son ami de toujours, Bilel et quelques autres - allaient rire de lui. Mais s'ils ne riaient pas de lui, ils le laisseraient tomber de toute façon. La présidente, douée d'une conscience aigüe de ses semblables, parvenait à sentir ce qui se passait dans l'esprit du prévenu. David, vingt-neuf ans, dont huit de rue et cinq de fumette illégale : du menu fretin. Il avait déjà tout avoué, mais son esprit restait encore à convertir lorsqu'il avait mis les pieds dans le box. La présidente sourit : cet esprit-là venait de se convertir tout seul. C'était tellement facile avec les racailles. Une fois sorties de leur troupeau, comme elles étaient faciles à retourner.
- David, vous disiez que la plantation de chanvre apparaissant sur la vidéo n'était pas à vous. C'est cela ?
- Oui, Madame, acquiesa-t-il.
Chuchotements dans le public. David reconnut le timbre timide de la voix de Bilel. Lui, il l'enviait : Bilel n'aurait pas à se battre pour avoir accès au rap, pour "devenir un bonhomme" comme on disait. C'était en lui, ontologiquement. David ne pouvait bien sûr pas le formuler de cette manière-là, mais il le ressentait, et il tripotait la bague qu'il avait à la main gauche en y pensant.
- Pourtant, dit la présidente en prenant l'air de s'interroger, vous vous exhibez sur Internet en compagnie de cette plantation, comme si elle était à vous. Vous y mettez de la fierté, on le sent bien. Êtes-vous fier d'établir un lien entre vous et la drogue ? Y attachez-vous de l'importance, affectivement parlant ?
David faisait un effort visible pour suivre chaque mot de la question. Pourquoi ne le laissait-on pas dire ce qu'il avait à dire comme il en avait envie ? Pourquoi le laissait-on parler uniquement à partir d'une question incompréhensible, pour mieux le briser après ? La petite voix dit : parce que tu n'as rien à dire, crétin. Tout ce que tu dis ou penses est vide de sens. Maintenant qu'on te demande de penser, au moins en apparence, tu es bien embêté.
Ta gueule, songea David. Aide-moi plutôt.
- Ben, c'est-à-dire que dans le rap, on aime bien ce qui est interdit, vous comprenez. Ca fait stylé. (La voix dit : mauvais mot. Tu aurais mieux fait de dire que ça fait classe, au moins classe plutôt que stylé. Ca t'apprendra à lire aussi peu de livres. Ta gueule, salope, pensa David, parle un peu à ma place si t'es aussi maline.) On met des trucs comme ça, mais c'est parce que les gens, ils aiment, en fait. Ca fait du buzz.
- Et vous faites du rap. Donc, vous faites aussi ces choses interdites dont vous parlez ?
- Euh... pas forcément, Madame. Moi, je mets juste ce que... ce qui fait kiffer les gens. En fait, c'est pour plaire.
- Mon client ne fait pas l'apologie de la consommation de drogue, dit l'avocat de la défense, dont les interventions étaient aussi rares que les fleurs dans le désert. Ce qu'il veut dire, c'est qu'il est obligé de passer par ce qui peut ressembler à une apologie pour toucher son public. Cependant, il n'y a pas d'apologie véritable de la consommation de cannabis dans ses propos. Il a pu sembler en faire, mais ce n'est qu'un jeu de scène. Prenez Marilyn Manson, ou ces groupes de musique ouvertement sataniste : ils appellent au meurtre, à verser le sang, et pourtant aucun de leurs membres n'a de problèmes avec la justice. A côté d'eux, les délits auxquels mon client a pu appeler dans ses vidéos relèvent de l'anecdotique.
- Merci, maître, dit le vice-procureur, mais c'est votre client que nous interrogeons en ce moment.
- Je tenais simplement à préciser une réponse qui peut être mal interprétée, ajouta l'avocat.
- Vous parlerez après.
Plus encore que la présidente, le vice-procureur effrayait David. Calé bien au fond de sa chaisse, large d'épaules, il avait un visage massif comme une grosse pierre et portait un nom barbare. Caracoche, ou Catacoche, David ne se souvenait plus très bien. En tout cas, c'était un nom hérissé de sonorités désagréables, qui semblaient dire au prévenu : "toi, tu n'as aucune chance".
- Et donc, poursuivit la présidente, vous faites une musique dont les paroles appellent à commettre des délits. Vous aimez que des délits soient commis ? Dans quel but ?
Sous ses airs de femme logique et réservée, la présidente était une dame de fer. Les méandres dans lesquelles elle emmenait son prévenu étaient tracées d'avance.
- Ben, j'ai grandi dans la rue, Madame, alors j'ai été dedans. Mais j'ai pas eu le choix, c'est juste que je consommais, rien que moi.
- Répondez à la question de la présidente, je vous prie, grinça le vice-procureur.
- Non, non, j'aime pas, non.
David n'avait pu s'empêcher de couiner en répondant. La voix du vice-procureur lui glaçait les os.
- Alors, continua la magistrate implacable, pourquoi appelez-vous à commettre des délits si vous n'aimez pas que des délits soient commis ?
- J'arrête le rap, Madame.
Silence. Même le public ne chuchotait plus. Les magistrats semblaient retenir leur souffle, comme si David était en train d'accoucher de quelque chose qui allait changer sa vie. Eh bien voilà, dit la voix, ce n'était pas plus dur que ça. On te tord un peu, tu te contredis tout seul et tu vas là où on veut. Classique.
- J'ai fait des trucs, de la musique et tout, mais je crois que j'vais passer à aut'chose maintenant. En fait, j'arrête le rap, voilà.
Le public se réveilla tout d'un coup. Des discussions bruyantes commençaient, surtout du côté des "jeunes des quartiers". Bilel ne chuchotait plus : malgré sa timidité, il parlait tout fort, comme s'il était déjà un adulte. La présidente saisit son maillet et frappa trois coups bien nets sur son bureau. Aussitôt, les discussions cessèrent, et ses petits yeux se penchèrent de nouveau sur David, par-dessus les lunettes rectangulaires qui les encadraient.
- Eh bien, voilà une bonne résolution, dit la présidente en réprimant un petit rire. Il n'y a qu'à espérer que vous la teniez.
- Oui, oui, bien sûr, bafouilla David.
En plus, elle enfonce le clou. Vivement que tu aies touché le fond, dit la voix, on arrêtera les frais.
- A ce propos, continua-t-elle d'un ton plus vif, qu'est-ce qu'il y a écrit sur votre t-shirt ?
- Truand de la galère, Madame. C'est... euh, c'est le nom du... du collectif, auquel j'appartiens.
Cette fois, la magistrate ne retenait pas son sourire. La route était royale ; ce n'était plus une route, mais un boulevard, et on allait bien rigoler.
- Un label, oui, un label de rap. J'en ai entendu parler, assez vaguement, je dois dire. Si le rap est une musique qui appelle à commettre des délits, ou en tout cas le rap tel que vous l'avez conçu jusqu'à présent, et que vous êtes affilié à un label qui en produit, alors vous allez continuer à être délinquant, vous aussi ?
Le syllogisme était simple mais désarmant. David commença à répondre, dans un murmure, puis s'arrêta. Il ne savait pas quoi dire. Se raclant la gorge, il bafouillait, ne parvenait pas à placer un seul mot. Son avocat se porta à la rescousse :
- Maître, cette question dépasse largement l'affaire dont il est question en ce moment, et mon client n'a pas à y répondre.
Simulant une moue de vague mépris, la présidente suspendit sa question. David poussa un soupir de soulagement. Sauvé ! dit la voix. Mais pas pour très longtemps.
Les magistrats se remirent à parler entre eux, et David finit par ne plus les écouter. A nouveau, il se sentait étranger à tout cela, comme un objet posé sur la table de l'antiquaire qui le négocie. Au fond, il s'inquiétait surtout pour ses amis des quartiers. Jean-Armand ne le laisserait pas tomber, il était trop dépendant de lui pour cela ; mais les autres ?
Le vice-procureur se mit à parler, et il continua, longuement. Sa voix désagréable faisait frissoner David même s'il ne comprenait pas très bien ce qu'il disait. Vers la fin, l'avocat commis d'office se pencha à l'oreille de son client et dit quelque chose à propos d'un mandat de dépôt non requis.
- Un quoi ?
- En termes simples, ça veut dire que vous n'irez pas en prison. Du moins pas pour l'instant.
Un soulagement intense saisit David. Toute la tension accumulée pendant la matinée retomba ; l'espace d'un instant, il se sentit libre comme l'air, tout prêt à s'envoler, par-dessus les bureaux et le public - mais son stress revint bien vite quand il songea à ses amis des quartiers, qui étaient toujours là, eux. David pensa à Morsay. Qu'est-ce qu'il allait dire ? Et les journalistes, s'il y en avait ? David ne lisait pas les journaux, mais il y avait bien des gens qui le faisaient - des boloss selon lui - et qui entendraient son histoire.
Il sentit la chair de poule pointer sur ses bras. Même si les tribunaux le lâchaient, la rue serait là, toujours, et le Net aussi. Or, à présent, aucun des deux ne pourraient l'aider. Ni ses vidéos, ni ses amis, ne lui seraient d'aucun secours. Mais moi, je serais là, chuchota la voix, si fort que David craignit que quelqu'un d'autre ne l'ait entendue. Et pourquoi tu es là, pensa-t-il, pourquoi tu restes ?
La réponse tomba, laconique : parce que je suis toi.

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mardi 16 juin 2009

Invoquons la libération d'Iran - qu'enfin chute l'immonde régime arabiste-islamique !


Que l'insurrection soit victorieuse, et ne se limite pas à quelque remplacement de président,
voire de tyran "valiy-e faghih" rabo-mouze !











mardi 9 juin 2009

Apnée / Guillaume Néry